Le différé d’amortissement est une période durant laquelle l’emprunteur ne rembourse pas le capital, mais seulement les intérêts et les frais de son crédit. Il n’y a pas d’amortissement du prêt pendant cette période.
Différents types de différé d’amortissement
Dans le cas d’un crédit, chaque échéance de remboursement d’emprunt se compose :
- du montant des intérêts calculés sur le capital restant dû ;
- de l’amortissement du capital emprunté.
Avec un différé d’amortissement, la règle du jeu change puisque l’emprunteur ne rembourse que les intérêts, afin d’alléger ses mensualités en misant sur une augmentation de revenus qui lui permettra de faire face à des échéances plus élevées ultérieurement.
Le différé peut être :
- Partiel : pendant la période de différé, le particulier ne paye que les intérêts calculés sur la totalité du capital emprunté ; à l’issue de cette période, il rembourse son prêt, les échéances comportant à la fois une part d’intérêts et une part de remboursement de capital.
Exemple : j’emprunte 200 000 euros sur 20 ans au taux annuel de 2 % pour financer l’achat d’un bien immobilier. Je choisis une formule de différé de paiement partiel sur 5 ans. Pendant la première période, mes échéances seront de 333 euros/mois (capital remboursé = 0). Au bout de 5 ans, j’aurai remboursé 20 000 euros d’intérêts. Une fois le différé clos, les mensualités passeront à 1 287 euros/mois. Elles permettront de rembourser le capital (200 000 euros) et les intérêts restant à courir (31 663 euros). Au total j’aurai payé 51 662 euros d’intérêts.
- Total, lorsqu’il porte à la fois sur le capital et les intérêts : en ce cas, le particulier ne supporte aucune charge pendant la période de différé ; il ne commence à amortir son prêt (remboursement des intérêts + capital), qu’au terme du différé. Cette formule est coûteuse, car pendant la période de différé, les intérêts annuels se cumulent au capital emprunté et produisent eux-mêmes des intérêts qu’il faudra régler un jour.
Exemple : j’emprunte 200 000 euros sur 20 ans au taux de 2 %, mais cette fois-ci avec un différé total durant 5 ans. Pendant les 60 premiers mois (5 ans), je ne paierai rien. Durant cette période, le différé (en arrondi) atteindra 42 000 euros (intérêts + capital). Au bout de 5 ans, je commencerai à payer une mensualité de 1 422 euros. Au final, j’aurai acquitté, outre capital (200 000 euros), un montant de 56 000 euros d’intérêts.
- une période de différé, pendant laquelle l’emprunteur ne rembourse pas le PTZ. Selon les revenus de l’emprunteur, ce différé s’étage sur 5, 10 ou 15 ans,
- une période de remboursement du prêt, qui suit le différé, et dont la durée s’étale entre 10 et 15 ans.
Différé d’amortissement : le crédit in fine
Contrairement à un crédit conventionnel (remboursement mensuel du capital + intérêts), le crédit in fine permet à l’emprunteur de rembourser exclusivement les intérêts, puis, en fin de crédit, le capital en une échéance.
Pour l’emprunteur, le principal avantage de ce système résulte de la déduction des intérêts versés au prêteur des revenus locatifs qu’il encaisse par ailleurs.
Le crédit in fine s’adresse donc aux particuliers percevant des revenus fonciers et fortement imposés.
Exemple : 200 000 euros empruntés in fine sur 20 ans occasionneront le remboursement de 79 700 euros d’intérêts, soit 333 euros/mois, ce qui permet, par exemple, de « gommer » le loyer d’un petit studio.
Différé d’amortissement et avantage
Le principal avantage du différé d’amortissement est d’alléger les mensualités de remboursement dans un premier temps.
Les cotisations d’assurance sont généralement perçues pendant cette période de différé.
Surtout destinée aux investisseurs locatifs, une formule d’emprunt comme le crédit in fine prévoit même le remboursement total du capital en fin de crédit, essentiellement pour des raisons fiscales.